Danielle Gaudry, biographe Saône-et-Loire, Bourgogne

Récits de vie : votre histoire en un livre
Toute vie est singulière et mérite d’être racontée

Vous souhaitez faire appel à un biographe pour…

Témoigner et transmettre

vos valeurs

Laisser
une trace

de votre existence

Évoquer
la réussite

de votre entreprise

Raconter un évènement

particulier

Ou pour toutes sortes de raisons ?

Je vous prête ma plume, je vous écoute dérouler le fil de vos souvenirs, je vous aide à vous réapproprier le passé et à réveiller votre mémoire, afin de réaliser votre histoire en un livre.

Joël, le p’tit gars de la rue des Bordes, raconte :

Les années d’occupation

[…A force d’entendre parler de la guerre, je voulais faire comme les autres, ce qui a provoqué des ennuis à mon père, qui fut convoqué un beau jour à la gendarmerie. C’était en 1944, j’avais huit ans. Avec les copains, nous avions fait dérailler un train. La ligne de chemin de fer longeait la route, bordée de gros buissons. Avec nos mitraillettes en bois, nous voulions faire comme les militaires. Nous avions posé des ballasts sur les voies, sur environ deux cent mètres. Cachés dans les buissons, qui étaient très épais à ce moment-là, nous attendions le résultat. Quelle ne fut pas notre stupeur de voir tous ces dégâts ! C’était un train de marchandises ; il contenait du matériel, du charbon, mais pas de personnes.

Par la suite, nous allions en douce récupérer le charbon déversé par les wagons, pour nous chauffer. C’était interdit, il ne fallait pas se faire prendre. Finalement, mon père ne fut pas trop incriminé, car j’étais l’un des plus jeunes de l’équipe et je m’étais laissé entraîner. Les autres ont été punis par leurs parents. Je crois que ça leur avait coûté cher, et l’évènement avait fait grand bruit dans la commune.

Mais ce n’était pas fini, et je me souviens de ce jour où j’ai été convoqué à la gendarmerie pour une autre sottise.
Louhans comptait une trentaine de maquisards, dont mon père faisait partie. Ce groupement de résistants se composait d’hommes qui n’avaient pas été appelés, mais qui s’étaient regroupés pour participer à la défense du pays en dehors de l’armée. Ils étaient équipés de camions, d’armes, de mitraillettes. Mon père était chargé de les guider vers leurs camps, organisés chez des gens qui voulaient bien les recevoir, en cachette. C’est à ce sujet que Monsieur Vincent était venu depuis Branges pour discuter avec lui à la maison. Il fallait faire passer les hommes en zone libre. J’étais trop petit pour participer à la conversation, mais je ne sais pas ce qui m’a pris… Monsieur Vincent était armé ; je lui ai dérobé son révolver, puis je suis parti en courant ; il ne pouvait plus me rattraper. Là c’était sérieux, le révolver était chargé… L’incident n’a pas eu de conséquences graves, mais ce jour-là j’ai reçu une sacrée correction…]

Le foot, ma passion

[… À l’âge de vingt‑cinq ans, alors que mon entreprise prenant son essor ne me laissait que peu de temps pour les loisirs, je ne pouvais plus jouer au foot. Alors je suis rentré comme dirigeant du club de Louhans, et j’assistais à toutes les réunions de notre équipe première. Nous avons fini premiers du groupe honneur et c’est à ce moment-là que, lors d’une réunion, j’ai pu créer la fusion Cuiseaux-Louhans.

Je suis resté comme dirigeant jusqu’au jour où nous avons changé d’entraîneur. Le courant passait mal, je n’étais pas d’accord avec ses décisions, et puis il fallait laisser la place aux autres… Avec cependant toujours en tête, le souvenir de cette journée mémorable :

Dijon – Parc des Sports – 7 février 1971 – Match de Coupe de France.

Le match qui est sur le point de se dérouler restera longtemps dans les mémoires. Les quatre mille spectateurs qui attendent impatiemment l’arrivée des équipes PSG contre Cuiseaux‑Louhans, vont être bluffés par le résultat. Ils vont assister à ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps sur les hauteurs de Montmusart. Un sacré match !

Jean Martin ne pouvant pas m’accompagner, j’étais le seul responsable de l’équipe de France, qui se composait de Jacques, Murat, Lorenzatti, Lamy, Chapuis, Dumas, Campioni, Rivoire, Girardot, Garzito, et mes deux copains Daniel Buathier et Daniel Henry, qui jouèrent de façon extraordinaire.

Et nous avons battu le PSG… 

Au coup de sifflet final, Monsieur Sastre secrétaire de la F.F.F. déclara : « Cuiseaux-Louhans a conduit son match en véritable équipe de National ». Le Président Bernard Morey ne cachait pas sa joie, ses hommes s’étaient battus comme des lions, constamment à l’attaque.

 Nous avons dormi à l’hôtel à Dijon avec l’entraîneur Denis Papas ; j’étais fier d’avoir rempli la feuille de match ce jour-là. Je ne rate pas un match. Et oui, le foot c’est ma seule politique. À mon avis, le meilleur joueur de tous les temps, c’est Platini. Il n’a jamais été égalé. Mon équipe préférée, c’est l’OL. J’ai vu cinq coupes du monde, et j’espère bien voir la prochaine en 2021 ! Au moment de la Coupe du monde en 98, je n’ai pas raté un match, je l’ai vécue intensément. C’est mon plus beau souvenir. Maintenant, le foot, c’est devant la télé…]

« Pour vous remercier ! Ce livre est vraiment une réussite, les témoignages que nous recueillons sont positifs, mon papa est ravi et c’est tout ce qui compte ! Je me rends compte en lisant cette biographie que finalement je ne savais pas grand-chose de mon père ! »

Dominique O.

Client (biographie)

« J’ai pris un énorme plaisir à lire votre récit et vous félicite pour votre excellent travail ! Beaucoup de passages sont merveilleux et m’ont beaucoup émue ! »

Sandra G.

Cliente (biographie)

Fonctionnement

du service de biographe

Je reçois le narrateur, ou je me déplace à son domicile, afin de l’interviewer dans son environnement habituel, cadre propice au réveil de la mémoire. Des photos ou objets gardés précieusement permettent de rappeler des évènements importants…

La première entrevue est gratuite, vous vous décidez en toute connaissance de cause, et vous ne réglez que si vous me confiez le travail, après avoir obtenu toutes les explications nécessaires.

Votre texte est déjà écrit ? Je vous propose de le corriger et de le mettre en page, en ajoutant les photos qui vous tiennent à cœur.

Tarifs

du service de biographe

Le tarif est fonction du nombre de séances d’enregistrement. Une séance comprend l’heure d’entretien, et les cinq à sept heures de travail qu’il génère en amont (retranscription, écriture, reprise du texte, ajout de photos), et est facturée 250 €.

Lors du second entretien, je remets à la personne les pages écrites après le premier entretien, et ainsi de suite ; les séances se règlent au fur et à mesure.

Pour 6 entretiens d’une heure, le total de la biographie serait de 1500 €, sur une durée de trois mois environ. À ce montant, il convient d’ajouter les frais de déplacement, compte-tenu que je me déplace dans un rayon de 60 km environ.

Quelques extraits de mon travail :

Extrait : Biographie d'Adeline N.

Premier emploi
Nous n’avions pas d’argent de poche, et lorsque je demandais quelque chose, un disque, un livre, je me heurtais à un non catégorique. Je me mis donc en tête de travailler pendant les vacances scolaires afin de réaliser quelques plaisirs. J’avais à peine quatorze ans. À l’époque, il était courant de voir de jeunes scolaires se faire embaucher dans les commerces les jeudis et les dimanches, ou sur le marché à Autun les mercredis et vendredis matin. Cet été-là, je mis mon projet à exécution. Je me rendis au marché, et je me mis à interpeler les camelots, surtout les primeurs en leur demandant s’ils avaient besoin de personnel ; au grand dam de ma mère qui trottait derrière moi, en disant tu me fais honte. Car dans son esprit, et celui des grands-parents, une femme ne devait pas travailler. Il fallait avoir un mari bien nanti. D’ailleurs, plus tard, lorsque nous avions un amoureux, les questions qui les intéressaient de suite étaient les suivantes « qu’est-ce qu’il fait » et « combien il gagne ». Et pourtant, le travail, voilà un compagnon fidèle ; difficile à saisir, mais qui ne m’a jamais trahie.
Je trouvai assez facilement une marchande de fruits et légumes, qui m’embaucha pour les deux marchés hebdomadaires, pendant toutes les vacances. Elle s’appelait La Renée.
L’ambiance était à l’humour, les clients assidus, et ma patronne était contente de moi. Avec quinze francs par semaine, pas de quoi se rengorger, mais c’était un début.
Ma sœur aînée avait trouvé un emploi à la pâtisserie du quartier, en face de la cathédrale, pour les dimanches matin. À la sortie de la grand’messe, les clients emplissaient la boutique, et la patronne était débordée.
De plus, elle avait deux jeunes enfants, livrés un peu à eux-mêmes ; elle cherchait quelqu’un pour les garder les jeudis après-midi. Je me trouvai donc une nouvelle occupation, celle de nounou. Par la suite, et pendant deux périodes de vacances, je gardai d’autres enfants, pour un couple dont le mari était diplomate et souvent parti à l’étranger, accompagné de son épouse. Les trois petits garçons étaient en pension chez les grands-parents à la campagne. J’étais nourrie et logée, mais je m’ennuyais ferme, les journées étaient interminables. Quelques billets en poche, je reprenais le chemin de la maison afin de préparer la rentrée.

Le folklore
Tous les ans, au printemps, en compagnie d’un couple d’amis, mes parents nous emmenaient voir des cavalcades, des kermesses où se produisaient des groupes folkloriques ; j’enviais tous ces danseurs et leur joie de vivre. Mais lorsque j’évoquais l’idée de faire partie d’un de ces ensembles, la famille me riait au nez. Puis mon rêve se réalisa… J’avais alors douze ans et j’étais en classe de cinquième au CEG (Collège d’Enseignement général). Un soir après les cours, notre professeur de français fit l’appel d’une dizaine d’élèves, et j’entendis mon nom. Plus ou moins interloquées, mes camarades et moi attendîmes une explication.
En fait, Monsieur Page, le Directeur du groupe folklorique les Morvandiaux d’Autun, qui manquait d’amateurs à cette période, lui avait demandé de lui présenter quelques élèves bien notées en gymnastique, et intéressées par la danse. Il se passait enfin quelque chose ! Et c’est dans un état de réelle surexcitation que je rapportai ce projet à ma mère. Malgré quelques réflexions ironiques, mon inscription suivit quelques jours après, et les répétitions commencèrent, à raison d’une soirée par semaine, le mercredi soir, puisque nous n’avions pas classe le jeudi. Au bout d’un an, on me remit le fameux costume de Morvandelle, assorti d’une paire de sabots vernis.
À partir de là, à l’occasion des kermesses, j’étais sur le podium, et non plus devant. Ma première sortie folklorique se déroula à Montret, dans la Bresse. Dès la première danse les sabots valsèrent, et je me retrouvai en chaussettes et chaussons. Il faut dire que les répétitions se faisaient toujours en chaussures, et la première danse en sabots était toujours délicate. Tout finit par rentrer dans l’ordre.
Un jour Monsieur Page nous confia qu’il venait de recueillir le plus beau des compliments qu’on lui ait jamais fait : Vos Morvandiaux s’amusent en nous amusant.
Et c’était vrai… La musique nous entraînait et ça démarrait, les sabots claquaient, les jupons s’envolaient, les chapeaux tourbillonnaient, le public applaudissait… Les séances de danse était suivies d’un repas convivial entre tous les participants de la fête, et c’était l’occasion de nouer des amitiés, de chanter des chansons, de passer de bonnes soirées. Nous continuions à chanter dans le car qui nous ramenait, bien souvent des chansons paillardes. Si le silence revenait, c’est que nous étions tous endormis.

Première rencontre
[… Quelques années plus tard, je mesurai la chance qui m’avait été donnée de participer au groupe folklorique, car sous prétexte de sortir avec mes amis Morvandiaux , je fus autorisée à fréquenter les petits bals du samedi soir, qui se tenaient à la salle des fêtes. Je m’y rendais souvent accompagnée de mon amie Martine. C’est ainsi que je fis SA connaissance. IL s’appelait Régis, avait fière allure, il portait l’uniforme, savait danser la valse, le tango, le rock… La danse nous a rapprochés… Et puis l’amour a fait le reste… Et c’est ainsi que la vie m’a emportée dans son tourbillon. Je n’avais que seize ans.
Par la suite, il fallut se voir en cachette ; je fréquentais encore l’école. Dès qu’il le pouvait, Régis venait m’attendre à la sortie et nous allions boire un verre au café du Commerce. Lorsqu’il me faisait des cadeaux, je m’arrangeais pour les remettre à mon amie Martine qui les emportait chez elle ; elle avait mis sa mère dans la confidence. Par la suite, afin de sortir ensemble le dimanche, j’inventais mille prétextes, grâce à des copines qui me servaient d’alibis. Là, je crois que je n’ai rien inventé.
Un samedi soir enfin, mes parents, invités par un couple d’amis, devaient se rendre au bal musette ; ce fût l’occasion de leur présenter Régis, sous couvert d’un petit mensonge ; nous avions convenu qu’il m’inviterait pour une valse et qu’ensuite je le présenterais comme un nouveau danseur du groupe. Je n’ai jamais su s’ils avaient compris la supercherie. Mais les sorties devinrent plus faciles. Toutefois, la réticence de ma mère provoqua quelques disputes entre mes parents. Quant à mon père, il disait : vous voulez aller danser mes enfants, eh bien allez danser ! Le sujet était clos. Mais nous ne faisions pas que danser… Si la R8 Major pouvait parler…
Et bientôt, nos ébats amoureux prirent la tournure redoutée par toutes les filles de mon âge qui fréquentaient (c’était l’expression de l’époque). Il fallut donc préparer le mariage. Mais avant cela, prévenir les parents. Je reçus en pleine face le courroux de ma mère, qui s’apaisa presque aussitôt. Mais le plus dur restait à faire… Et je revois encore mon père, assis à la table de la cuisine, une bouteille devant lui, un verre à la main. Sans ménagement, Régis annonça vous allez être grand-père… Le futur grand-père hésita quelques instants, puis sans piper mot saisit la bouteille et dit une petite goutte ? Je compris que c’était gagné. Ce fut aussi simple que cela. Je compris pourquoi quelques temps plus tard, après réflexion… Ma sœur aînée était venue au monde à Noël de l’année 1949, alors que mes parents s’étaient mariés le vingt août de la même année.

Nouvelle rencontre
[… Ma nouvelle installation, dans une petite maison de la banlieue de Montceau-les-Mines, me prit un peu de temps, quelques mois pendant lesquels j’aurais dû réfléchir, remettre de l’ordre dans mes idées… Enfin, je savourais ma liberté retrouvée… Même si je ne faisais pas le printemps, je me sentais légère comme une hirondelle. Mais le Dieu de l’Amour veillait. Cupidon avait décidé de me couper les ailes. La flèche qu’il me décocha atteignit sa cible sous la forme d’un magistral coup de foudre lors d’une nouvelle rencontre qui intervint à l’impromptu, alors que j’arrivais avec ma nouvelle collection chez ma cliente, Madame L… Celle-ci, debout sur le perron, discutait avec un homme souriant, élégant, distingué, que je pris pour un de mes concurrents. Les présentations nous permirent d’échanger un regard, le regard, une poignée de main, puis il se dirigea vers sa voiture. Lorsque je repris la mienne, j’étais sous le choc de ce coup de grâce que le ciel venait de m’asséner… Coup du sort ou coup des Dieux, quelques jours plus tard, le téléphone sonnait dans la soirée. C’était lui. Apparemment, il avait jeté sur moi un regard intéressé, et s’était fait remettre mon numéro par Madame L., sans que celle-ci ne me demande mon avis. Il m’invitait à prendre un verre, en toute amitié. Après quelque hésitation, rendez-vous fut pris, après tout cela me ferait une distraction… Nous nous retrouvâmes dans une brasserie. Je fus très vite séduite par cet homme, que je n’avais pourtant fait qu’entrevoir. Il s’appelait Martial, il était ingénieur dans l’industrie. La conversation prit une tournure intellectuelle ; j’avais toujours soif d’apprendre et ce fut pour moi un bouquet de savoir, un recueil de connaissances, une mine d’informations ; tous les sujets pouvaient être abordés… Nous nous découvrîmes une passion commune pour la grande musique. Par la suite, nous nous rendîmes souvent aux concerts, ce qui me fit découvrir de multiples petites églises de campagne. Martial m’en expliquait la construction, l’architecture ; la moindre question prenait la dimension d’un cours d’histoire. Une nouvelle relation se nouait, j’étais sous le charme, ma vie reprenait un sens.
Il se disait Épicurien, prenait la vie à pleins poumons. Il m’invita dans les meilleurs restaurants de la région, et j’appris ainsi à reconnaître, et surtout à apprécier les bons vins. S’ensuivirent quelques voyages, puis (aïe, aïe, aïe) notre installation sous le même toit.
La naufragée de l’amour avait oublié que vivre en couple impliquait d’accepter une vie de famille, dont le souvenir m’avait déjà laissé un goût amer…]

[…Malgré tout le mal qu’il m’a fait, j’ai préféré éloigné la rancœur. Je l’ai chassé de ma mémoire, pour ne garder de lui qu’un souvenir : celui de l’homme en pantalon blanc et chemise bleu jean délavé, escaladant la grille d’une maison de campagne pour cueillir une rose blanche, et me l’offrir en souriant. Mais on peut dire qu’il aura réussi à me faire avaler l’hameçon, la ligne, et le bouchon…]

Extrait : Compte-rendu de voyage

SUR LES TRACES DE MON ANCÊTRE…

Dans le but de retrouver la sépulture de mon grand-oncle Léon, mort pour la France le 26 juillet 1918, je m’apprête à prendre la route en direction de la Marne. D’après les renseignements que j’ai obtenus, il aurait été tué lors d’une bataille qui se serait déroulée au lieudit La Cressonnière, sur la commune de La  Chapelle Monthodon, située à la limite des départements de l’Aisne et de la Marne.

Après quelques heures de route, après avoir traversé Avallon, Auxerre, Troyes et Romilly sur Seine,  je me retrouve dans la campagne Champenoise, ornée d’une multitude d’éoliennes, qui s’étendent à perte de vue, et qui, avec leurs  pales en action, agrémentent le paysage de façon majestueuse…

À la tombée de la nuit, ma première étape se déroule à Sézanne, petite ville  accueillante, à l’hôtel Les Hôtes de Cézanne. Pourquoi cette différence d’orthographe ? Je n’ai pas pensé à  me renseigner sur ce point. Établissement à recommander à toute personne aimant le cadre ancien, les meubles de style, le calme, et l’ambiance propice au repos et à la méditation.

Le lendemain matin, départ à 8h30, direction La Chapelle Monthodon, via Montmort. Sur le chemin, je m’arrête devant différents monuments dédiés à la mémoire des soldats de la guerre 14-18. Au détour d’un chemin, j’aperçois enfin la pancarte d’entrée du village tant recherché.

À l’entrée du bourg, je m’arrête auprès d’un premier calvaire, le Monument de la Verdure. Les noms de différents régiments et soldats y sont inscrits.
Mais rien pour le moment qui me relie à mon ancêtre. Il faut chercher plus loin… 

Sur la place du village, une pancarte attire mon attention. Elle désigne sur un schéma, les emplacements des différents régiments ayant participé à la deuxième bataille de la Marne, ainsi qu’une liste impressionnante de noms de soldats morts pour la France à proximité de ce village, entre le 15 et le 20 juillet 1918. Mais pas celui que je recherche. Je me dirige alors vers un bâtiment ancien qui  abrite la mairie. Manque de chance, celle-ci est fermée. Heureusement, au même instant, un passant descend la rue. Je l’interpelle, mais il m’apprend que la mairie n’est ouverte qu’un jour par semaine. Et pas aujourd’hui. L’attitude aimable de ce Monsieur m’incite à lui évoquer la raison de ma visite dans cette contrée.

Cette rencontre fortuite va m’être très utile pour la suite de mon périple. Ce Monsieur m’indique l’emplacement exact de La Cressonnière, ainsi que de la ferme des Pozards, lieu  où la bataille se serait réellement déroulée. Il me conseille également de prendre contact avec un écrivain, Jean Védovati, très instruit sur le sujet, qui pourrait m’en apprendre davantage. Celui-ci habite à deux km d’ici, au lieudit Chézy, et je m’y rends aussitôt.

Après les présentations d’usage, nous entrons dans le vif du sujet. Je présente à Monsieur Vedovati l’avis de décès de mon grand-oncle. En voyant que celui-ci faisait partie du 77è RI, il m’apprend que, s’il est porté disparu le 17 juillet, cela signifie qu’il a vraisemblablement été tué lors de la bataille du 16 juillet qui a fait rage sur le plateau de la ferme des Pozards.
En effet, le 77è  RI s’est positionné sur la zone le 15 juillet au soir pour attaquer le lendemain. 

La ferme des Pozards et le terrain où s’est déroulée la bataille meurtrière. 

(Le 77èRI est enlevé par camion depuis Clermont dans l’Oise le 14 juillet à 15 h. Il débarque le 15 juillet vers 18 h à Verdon où il bivouaque. À 2 heures du matin, il est mis en route, à pied pour attaquer)[1]…………

(Le 77è RI reprend les Pozards, mais ne peut en déboucher et dans les bois situés à l’est de cette ferme, l’avance est difficile devant la résistance allemande. La progression est d’environ 600 mètres. Plus à droite, le 66èRI sous l’intensité de feu des mitrailleuses ennemies, n’a pas pu déboucher).[2]

La question se pose alors de l’endroit exact de la sépulture, car l’avis d’état-civil précise : « décédé, inhumé à la Chapelle-Monthodon, lisière 0 du bois, à proximité de la Cressonnière« . Mon interlocuteur m’explique alors que les hommes tombés ce jour-là ont été inhumés sur place, mais que quelques mois plus tard, après la fin de la guerre, les corps ont été enlevés et rendus aux familles qui le désiraient. Or, sachant que mon grand-oncle n’est pas répertorié au cimetière militaire d’Autun (lieu de résidence de la famille), je me demande où il a bien pu être emmené. C’est alors que Monsieur Védovati m’explique qu’il y a deux possibilités ; son corps se trouve soit au cimetière militaire de Dormans dans le département de la Marne, soit à celui de Château-Thierry dans le département de l’Aisne, la bataille s’étant déroulée à la limite des deux départements. Mais il y a une troisième option : celle du soldat inconnu, certains corps n’ayant pu être identifiés. Et ils sont dispersés dans différents cimetières.

Avant de prendre congé, je reçois encore quelques informations de Monsieur Vedovati qui me parle notamment d’un livre écrit par Claude Retailleau, intitulé « Les Carnets de Léopold Retailleau », son grand-père, qui faisait partie du 77è RI, et a consigné dans des carnets, le déroulé de toutes ces journées passées dans ce régiment durant cette période néfaste. Je chercherai à me le procurer.

Avant de prendre le chemin du retour, je me rends à Dormans, situé à quelque kilomètres de là. Il est déjà plus de midi. Cherchant le chemin du cimetière, j’aperçois une pancarte indiquant Mémorial 14-18 . je prends cette direction… Il s’agit d’un très beau monument, imposant, érigé dans un endroit très calme, au milieu d’un parc, et propice au recueillement.

Le cimetière se trouve à quelques km de là…
Le carré militaire est très grand. Il comporte les corps de soldats de différentes nationalités (anglais, canadiens allemands, français). Je ne trouve pas le cahier indiqué par Monsieur Védovati, et le peu de temps qu’il me reste ne me permet pas de chercher plus loin, compte‑tenu du nombre imposant de sépultures.

Je me dis qu’il en sera de même à Château-Thierry, et j’exclus cette visite de mon périple.

De retour en Bourgogne, je prends contact par telephone avec les mairies de Dormans et Château-Thierry… Celles-ci possèdent les listes des soldats inhumés dans leur cimetière militaire respectif. Mais aucune ne comporte le nom de Léon Vacherot. Je suppose donc qu’il est toujours porté disparu. Mes recherches s’avèrent infructueuses, mais notre héros de guerre, à quelqu’endroit qu’il repose, restera à jamais dans notre souvenir… 

[1] Jean VEDOVATI – Combat de la Chapelle Monthodon du 15 au 20 juillet 1918 – Deuxième bataille de la Marne – Guerre de 1914-1918 – Association pour la sauvegarde et la protection du patrimoine historique et culturel de la commune de la Chapelle Monthodon.

[2] Jean VEDOVATI – Combat de la Chapelle Monthodon du 15 au 20 juillet 1918 – Deuxième bataille de la Marne – Guerre de 1914-1918 – Association pour la sauvegarde et la protection du patrimoine historique et culturel de la commune de la Chapelle Monthodon.

Extrait : Intermède

Intermède malheureux dans une vie bien rangée…
Le parc de la Frétaie, reverdi par l’arrivée précoce du printemps, attirait de plus en plus de joggeurs.
Elle s’était mis en tête, ce matin-là, d’en faire le tour complet. Bien calée dans ses baskets, le cœur bien accroché, elle démarra sur les chapeaux de roues. Elle  n’avait pas fait un kilomètre que le drame se produisit. Un moment de rêverie ? Un caillou mal placé ? Un chien qui surgit ? Elle n’en sut jamais rien. Allongée par terre, les yeux à demi fermés, elle essayait de rassembler ses idées.
« Ciel ! Ça c’est une chute !  Rien de cassé ? entendit-elle. En ouvrant les yeux, elle avisa une silhouette penchée au-dessus d’elle.
– La honte, s’exclama-t-elle. Je ne sais pas ce qui s’est passé. C’est la première fois que cela m’arrive ! »
Elle se releva péniblement, et, bras-dessus, bras-dessous, ils reprirent la marche sur le chemin. En sortant du parc, elle était encore sous le choc ; il l’invita à boire un verre dans le premier café sur la place. Elle le quitta en le remerciant, mais sans imaginer le revoir un jour. Mais comme par hasard, à chaque fois qu’elle retournait courir, il était là… Ils firent plus ample connaissance et elle apprit qu’il était écrivain et venait au parc pour trouver l’inspiration. La sympathie s’installa entre eux et se fit plus intime au cours des rencontres suivantes. Elle aimait travailler sur des textes, et il lui offrit de collaborer sur un roman…
Assis côte-à-côte,  tous deux appréciaient ces moments de partage littéraire. Par moment, il rapprochait sa main de la sienne, qui s’envolait aussitôt vers le clavier. Quand leurs regards se croisaient, elle devinait, à la lueur de ses yeux, qu’il aurait suffi… ♫ de presque rien♫[1] … Elle restait stoïque, faisant semblant de ne pas remarquer ses avances. Il se faisait de plus en plus pressant, lui déclarant tout de go qu’elle était une belle femme, qu’elle avait un très beau sourire. Au moment de la pause, la tasse de café à la main, il faisait l’éloge de sa tenue, de sa silhouette. Elle répondait par un sourire, mais lui laissait entendre que pour elle, les hommes, c’était fini. À l’automne de sa vie, elle avait érigé, autour du cocon qu’elle s’était façonné, des barrières infranchissables qui la mettaient à l’abri, du moins le croyait-elle, de toute tentative d’invasion de son cœur, de son être… Pour l »heure, il lui était indifférent… Drôle de bonhomme, se disait-elle.

Au printemps suivant, le travail terminé, ils restèrent en contact, et prirent périodiquement  des nouvelles l’un de l’autre, se rencontrant  dans divers salons après la parution du roman. Elle se sentait de plus en plus fragile en face de lui. Les barricades qu’elle avait dressées, les limites qu’elle s’était fixées semblaient se désagréger. L’idée qu’elle pouvait plaire encore lui était très agréable, et elle imaginait inconsciemment ce que pourrait être sa vie aux côtés d’un écrivain, situation inconnue pour elle. Mais, inlassablement, le souvenir du passé et de ses chimères la ramenaient à la raison. La pensée d’une nouvelle aventure la remplissait d’effroi. On oublie, on oublie…Mais petit à petit, il arrivait à imposer cette vision d’histoire d’amour à recommencer, précisant qu’il aimait faire l’amour, qu’il la rendrait heureuse, qu’après l’amour on se sent apaisé, serein… Patiemment, innocemment, il tissait sa toile autour d’elle.

Se laissera-t-elle prendre dans ses filets ?  Puis revint le temps des randonnées pédestres. Elle n’en avait plus fait depuis longtemps, alors pourquoi pas… Il l’invita chez lui, et l’emmena se promener sur le site où se déroulait son roman. C’était très agréable aux premiers soleils de se laisser guider à travers ces forêts, dans cette campagne qu’elle redécouvrait. Après le repas, qu’il avait concocté avec les produits de son jardin, une petite sieste s’imposa. Elle s’allongea toute habillée sur le lit, il en fit autant, mais quand il la prit dans ses bras, elle eut un irrémédiable mouvement de recul. Non, elle n’était pas prête. Il essayait de lui faire admettre de suivre son cœur et de se laisser aller, alors qu’elle invoquait des raisons matérielles pour se défiler. Il fallut en rester là. Très compréhensif, il la laissa repartir, non sans avoir obtenu la promesse qu’elle reviendrait le dimanche suivant.
Hasard des agendas, elle dut se résoudre à annuler cette nouvelle sortie. Au téléphone, elle précisa qu’elle ne pourrait venir que la semaine suivante, ce qui ne fut pas de son goût à lui. La conversation coupa court. Il n’insista pas davantage, elle comprit qu’il était blessé, froissé, et se sentit coupable. Elle regretta d’avoir dit « ma vie, elle est bien comme elle est ». Très vite, la tristesse l’envahit. Elle commença à s’affoler tandis que s’engageait la bataille entre le cœur et la raison… Son imagination l’entraînait dans les méandres de la réflexion, les contradictions s’enchaînaient à grands coups de oui mais lorsque le doute revenait s’imposer… La raison du cœur ramena ses pensées vers lui, le portable lui suggéra un sms qu’elle composa de main ferme. Elle se sentit heureuse et soulagée en appuyant sur « envoi ». Elle ne reviendrait plus en arrière…
En prenant la route ce matin-là, elle avait le cœur léger, les chansons aux lèvres, elle connaissait la suite de l’histoire…
Il la déposa délicatement sur le lit ; en la prenant dans ses bras, il éveilla en elle une multitude de sensations. Leurs lèvres se joignirent dans un élan presque bestial. Avec avidité il s’engouffra en elle. Elle se donna sans retenue, oubliant sa pudeur, s’abandonnant à lui dans des soupirs voluptueux. Leurs corps se soulevaient dans des plaisirs sans cesse renouvelés, leurs mains s’entrelaçaient avec frénésie. L’apaisement de leurs sens émanait de leurs ébats amoureux, lorsque leurs corps s’enroulaient l’un  à l’autre… Un bonheur éphémère, anéanti quelques semaines plus tard par celui qui l’avait tant désiré.

Ce dimanche quand il entra, elle chantait dans sa cuisine… 

« Bonjour toi, ça va ? lui dit-elle

  • – Non, répondit-il
  • – Ah bon pourquoi ?
  • – Je ne continuerai pas ma route avec toi.
  • – Tu me charries ?
  • – Non »

Et sans  ménagement, sans se soucier de ses états d’âme à elle, sans se soucier de son devenir, et sous un prétexte futile, fallacieux, donnant raison à la voix de la raison, évoquant les raisons matérielles qu’il lui reprochait naguère, il écrivit en quelques mots désolants, désarmants… la fin de l’histoire.
Il y en a une autre ? demanda-t-elle. Pas de réponse… Elle n’allait pas le supplier, elle était trop fière pour cela. Elle lui désigna la porte… 

Quand il disparut dans l’escalier après un rapide « on reste amis », le désespoir qui s’empara d’elle tandis qu’elle voyait tout son univers s’écrouler, la précipita vers le téléphone. Elle appela celui qui, le seul qui tenait vraiment à elle, le seul qui l’aimerait toujours, celui qu’elle avait trahi, qui arriva juste au moment où l’envie d’en finir l’attirait vers le balcon… Il ne demanda pas d’explications. Cet intermède était insignifiant. Il l’aimait, un point c’est tout. Il l’emmena danser tout l’après-midi, ainsi que les dimanches qui suivirent… Elle le savait… Lui, il allait s’occuper d’elle, il l’aiderait à panser sa blessure… Lui, il serait toujours là pour Elle…

[1] Chanson de Serge Reggiani

Extrait : Biographie

La famille habitait le quartier Saint-Blaise, qui se dessinait sur les hauteurs de la ville. Au-delà des dernières maisons, la route se séparait en deux. Du côté gauche, celle qui menait à Fragny, en traversant le village de Couhard, qui offrait une vue imprenable sur le bassin d’Autun. Côté droit, après un virage en épingle à cheveux au niveau de la ferme, la route en lacets présentait une côte abrupte de plusieurs kilomètres, qui débouchait sur le site de la Croix de la Libération.

Il nous arrivait également pendant les grandes vacances, de monter jusqu’à la Cascade de Brisecou. Nous longions le Chemin de la Mine, nous passions devant les jardins du père Lauroy, qui nous faisait peur avec sa grosse voix ; quelques pas devant la célèbre Pierre de Couhard, puis pieds nus dans le ruisseau qui cheminait jusqu’à la cascade. Arrivés à destination, nous pataugions dans les quelques centimètres d’eau que la cascade voulait bien nous concéder au milieu des rochers. Puis nous redescendions par la route en traversant le village.

Au cours de l’année 1960, nous vîmes arriver à Autun plusieurs familles étrangères, notamment des Italiens. Ils avaient quitté leur pays pour une vie meilleure en France. La plupart d’entre eux étaient bûcherons, ou maçons.

Ils s’installèrent dans les dernières maisons en haut du quartier ; de nombreux enfants vinrent enrichir l’équipe de copains et copines avec lesquels nous nous amusions. Nous étions chargées, avec mes sœurs, de les accompagner tous les jours à l’école.

Extraits : Textes écrits à partir de 10 mots imposés

Les 10 mots : Écorchures – ronronnant – circule – rumeur – dehors – centrale – patience – cressonnière – physique – jambes

L’eau qui circule dans le petit ruisseau alimente la cressonnière qui reverdit au printemps. C’est ici que se retrouvent les jeunes, qui préfèrent jouer au dehors plutôt que rester confinés dans les maisons. Aujourd’hui, Il leur faut faire preuve de patience en attendant le cours d’éducation physique. Le professeur a prévu une surprise : Ils se rendront sur les hauteurs de la colline, afin de démontrer leur volonté de réaliser un sport efficace. En gravissant le chemin caillouteux, ils remarquent que le silence de la campagne ne laisse filtrer que le bruit ronronnant du moteur de la centrale électrique. Plus tard, après les efforts fournis, quand leurs jambes auront du mal à les porter, quand le parcours du combattant leur aura laissé quelques écorchures, ils redescendront, fiers de leur performance. Ils espèrent que cette tentative d’étouffer la rumeur portera ses fruits auprès de la population du village qui ne croyait plus en leur équipe. Les gymnastes feront moult efforts pour modifier le classement et se replacer en tête. Content, fier de lui, soulagé, Raoul le professeur décide intérieurement, de renouveler cette expérience.

Les 10 mots : Adversaire – tisser – fer – aigles – tombeau – blanche – charcuter – paresseux – corbeau – liqueur

Les corbeaux tournoyaient au-dessus du cimetière. Le froid avait sévi durant toute la nuit, une poudre blanche recouvrait la terre gelée. Ce matin-là, Raoul le fossoyeur était en retard. Le paresseux était resté au lit plus longtemps que d’habitude. Il appréhendait de préparer le tombeau, pour Francis, cet ami cher à son cœur, qui avait perdu la vie au cours d’une opération chirurgicale. Raoul pensait : « il n’aurait pas dû se laisser charcuter comme ça ». Bien qu’il fût son adversaire en politique comme en tout, il ne pouvait empêcher la tristesse de l’envahir. Pendant des années, les deux compagnons étaient sortis ensemble en toutes occasions, et après avoir croisé le fer dans des discussions pas possibles, toutes griffes dehors, tels des aigles se disputant la même proie, ils se réconciliaient toujours devant un verre de liqueur. Depuis l’enfance, une amitié sournoise avait tissé entre eux des liens indélébiles…